De Nîmes à Mèze, un escargot très Rome antique

Clausilie romaine dans les arènes de Nîmes
Un escargot en forme de fuseau de 1,5 à 2 cm.

Elle est plutôt petite, pas plus d’un ou deux centimètres, très discrète et pourtant, son histoire est extraordinaire ! La Clausilie romaine est un escargot en forme de fuseau que l’on ne trouve qu’en Italie, dans la région de Rome (Les Apennins)… et dans les arènes de Nîmes où il a été observé pour la première fois, en 1903, par le biologiste naturaliste Georges Coutagne.
En 2009, Vincent Prié, biologiste à l’agence Biotope de Mèze et Olivier Gargominy du Muséum National d’Histoire Naturelle ont décidé de voir si, plus de cent ans après cette découverte, les gastéropodes étaient toujours présents dans arènes de Nîmes. Ils y ont trouvé une population de plusieurs centaines d’individus qui occupaient paisiblement les anfractuosités des pierres du monument.
Pour les scientifiques, sa présence en ce lieu, et nulle part ailleurs en France, n’a qu’une explication possible. Cette colonie aurait été importée à Nîmes par les romains eux-mêmes lors de la construction des arènes ou à la suite d’échanges commerciaux. Peut-être est-elle arrivée collée à des amphores ? Depuis près de vingt siècles, elle s’est cantonnée aux arènes de Nîmes sans avoir jamais colonisé d’autres sites en France.

Hébergés à Mèze

Mais l’histoire exceptionnelle du petit escargot ne s’arrête pas là. Un chantier de sauvegarde des arènes a nécessité un traitement de la pierre qui constitue l’édifice afin de la préserver de l’humidité qui la dégrade. Une opération qui aurait pu définitivement condamner les plus romains des escargots nîmois. Afin de tenter de sauver cette population, les gestionnaires des arènes de Nîmes ont chargé Vincent Prié, au printemps 2017, de récolter un maximum d’individus. Depuis, en attendant d’être réintroduites dans les vieux murs des arènes qu’elles occupent depuis plus de 2000 ans, plusieurs centaines de Clausilies romaines goûtent tranquillement à l’hospitalité mézoise dans les locaux de l’agence Biotope, soigneusement séparées par petits groupes afin d’éviter toute contamination.
De Rome, à Nîmes en passant par Mèze… l’avenir de la Clausilie est peut-être assuré pour les prochains millénaires. Sic transit gloria mundi (ainsi passe la gloire du monde).

Le biologiste Vincent Prié héberge la population de Clausilie des arènes de Nîmes dans les locaux de l’agence Biotope, à Mèze, en attendant sa réintroduction dès la fin du printemps 2018.