Un site gallo-romain au Moulin à Vent

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Une centaine de Mèzois ont assisté à la présentation du site gallo-romain du « Moulin à Vent » effectuée par l’archéologue Ronan Bourgaut.


Un établissement rural datant d’une période estimée entre le milieu du 1er siècle avant Jésus Christ et la fin du premier siècle après Jésus Christ. C’est ce que vient de mettre à jour l’équipe du service d’archéologie préventive de la CCNBT sur l’emplacement du futur projet immobilier du Moulin à Vent, à proximité de la rue des Frères Argand.

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Une grande structure de 16m de long qui aurait pu servir d’abreuvoir pour les animaux domestiques.

Avant que la construction de ce nouveau quartier débute, les habitants de Mèze ont été invités à venir découvrir les vestiges conservés sur ce lieu, le temps d’une unique visite guidée. Une centaine de personnes étaient présentes.
La campagne de fouilles dirigée par Ronan Bourgaut a été lancée à la fin du mois d’août. Elle va bientôt toucher à sa fin.
L’archéologue précise que « les investigations de son équipe ont permis de mettre à jour un chemin desservant le site mis en place au moins au 1er siècle av. J.-C., un système de caniveaux et d’égouts, une carrière, des bassins viticoles, un chai, et une grande structure enterrée de 16m de long, 5m de large et 2m de profondeur dont l’usage n’est pas clairement identifié mais qui pourrait éventuellement correspondre à un d’abreuvoir pour des animaux domestiques. »
Ronan Bourgaut évoque ensuite une nouvelle période de site : « Cette structure est abandonnée, à la fin du 1er siècle av. J.-C. pour faire place à un domaine viticole classique comme il en existe beaucoup sur les rives de l’étang de Thau. La présence des deux bassins de décantation pour la vinification du jus de raisin et les restes d’un chai avec des cavités accueillant des dolia (grandes amphores de stockage du vin) attestent de cette activité. Etrangement, l’usage viticole du site semble être abandonné vers 70 après J.-C., dans une période où la viticulture est justement en plein développement.
Les objets trouvés sur place sont essentiellement des amphores d’importation d’Italie et d’Espagne servant à transporter l’huile, le vin, les sauces de poisson… qui prouvent une vie assez intense. Les archéologues ont aussi exhumé des céramiques de vaisselle, de gobelets et de lampes à huile qui évoquent probablement un niveau social relativement élevé et laissent supposer que l’habitat des maîtres du domaine doit se trouver à proximité ».
Autre découverte intéressante selon Ronan Bougaut, « la présence massive de coquilles de pétoncles, de moules et surtout d’huîtres qui pourraient peut-être nous permettre de savoir depuis quand on consomme des coquillages autour du bassin de Thau. Il semblerait que l’on se situe dans le règne d’Auguste (de 27 av J.-C. à 14 après J.-C.). Cela reste à préciser ».
Au terme de cette campagne de fouilles préventives, le projet immobilier pourra suivre son cours. Les données archéologiques extrêmement précises et complètes ainsi collectées permettront ce que les spécialistes appellent « la conservation par l’étude » et viendront enrichir la connaissance des activités humaines sur les rives de Thau durant l’antiquité.