Des « Mézois », il y a plus de 3000 ans

Drassm_ministere_culture_habitat_bronze_final_la-Conque_pieu_F-LeroyUn habitat submergé à proximité du site de la Conque et datant de plus de 3000 ans vient de faire l’objet d’une campagne de fouilles menée par les spécialistes du DRASSM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sousmarines) de Marseille.

Comme l’explique Frédéric Leroy qui a conduit cette intervention archéologique, « le site est un ancien habitat, aujourd’hui immergé, qui a livré des vestiges de la fin de l’âge du Bronze (1200 – 820 av. J.-C.). Ce gisement a été découvert en 1997 par Louri Bermond puis déclaré par Daniel Rouquette en 1998. Il est localisé dans le domaine public maritime, sous les eaux de la lagune de Thau. Les variations du niveau des eaux marines ont submergé des sites côtiers ainsi que des habitats d’une population exploitant les ressources du littoral et exerçant une activité agro-pastorale. Les communautés villageoises se déplaçaient au fur et à mesure de la modification du rivage. Si une partie des structures d’habitats ou divers objets pouvaient être déplacés et réutilisés, l’empreinte d’une implantation, elle, a subsisté.

« Le site de la Conque est exceptionnel » insiste l’archéologue. « Sa particularité repose sur la conservation de vestiges organiques, en particulier les pieux de bois servant de structure à l’habitat d’une petite communauté littorale. Les vestiges fragmentés de céramiques, d’ossements, de roches utilitaires… ont également été préservés. Lors d’une plongée réalisée en 2014, nous avons constaté que le site de la Conque, à Mèze, était fragilisé par une reprise d’érosion. Dès lors, il est devenu urgent d’enregistrer, d’évaluer, de topographier et de prélever des témoignages en péril de ce village de plus de 3000 ans qui disparaissent peu à peu. »

Pour Frédéric Leroy, « cette campagne confirme que, sur le rivage de Mèze, se développait bien un habitat de l’âge du Bronze. Quatre pieux issus des structures des maisons ont déjà fait l’objet de datations radiocarbone. Les résultats renvoient aux XIe, Xe et au milieu du IXe siècle av. J.-C. Il s’agit du deuxième site, après Montpenèdre à Marseillan, à livrer des structures datées en bois et situées en zone méridionale. Il est clairement établi que les deux habitats étaient occupés à la même époque.

De petits villages coexistaient déjà, il y a 3000 ans, sur les rivages de l’étang de Thau… », conclut le responsable.

Pour en savoir plus, consultez le site Web du DRASSM

Un reportage de France 3 Languedoc-Roussillon :